Déséquilibres oculomoteurs

  Déséquilibres oculomoteurs

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     L’oeil joue un rôle important dans le contrôle de la posture car, comme le pied, le système oculaire, situé à l’autre extrémité de la chaîne posturale, a également une double fonction : exo et endocapteur, c’est à dire qu’il donne des informations à la fois sur l’extérieur du corps et sur l’intérieur. (voir Comment ça marche?)

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Rôle d’exocapteur :

     Il est assuré par la rétine (centrale et surtout périphérique), qui permet de percevoir le monde extérieur, et donc de s’orienter dans l’espace. Le rôle des informations rétiniennes dans le contrôle de l’équilibre est connu depuis longtemps (Vierordt 1860, De Cyon 1911, Henriksson 1967, Kapetyn et Bles 1972, Berthoz et al 1975, 1987, Dichgans etal 1976, Nijokitkjien 1976, Bles et al 1977, Amblard et Carblanc 1978, Nashner et Berthoz 1978, Lee 1980, Clement et al 1983, Paulus et al 1984, Brandt et al 1986, Severac 1993, Lappe et al 1999, Kapoula et Le 2006, Matheron et Weber 2006, Adamcova et Hlavacka 2006…)

     C’est pourquoi il est important de veiller à ne pas avoir de déficit visuel non corrigé pour éviter d’engendrer petit à petit un dérèglement postural. (Gagey et Weber 2004)

 

Rôle d’endocapteur :

     Percevoir le monde qui nous entoure ne sert à rien si l’on n’est pas capable de savoir si les mouvements que l’on observe sont dus à l’environnement, à l’oeil, ou au corps dans son ensemble. C’est pour pouvoir faire cette différenciation que les muscles de l’ensemble du corps sont pourvus de milliers de capteurs proprioceptifs (voir Comment ça marche? et Rôle de l’ostéopathie).

     Les yeux sont mobilisés par 6 muscles (chacun) qui sont eux aussi très riches en propriocepteurs. Le rôle de cette “proprioception oculomotrice” est maintenant bien documenté, et au moins aussi important que les informations rétiniennes pour contrôler la posture et l’équilibre. (Baron 1955, Ushio et al 1980, Brandt et al 1986, Roll et Roll 1987, 1988, Gagey 1988, Velay et al 1994, Brandt 1999, Donaldson 2000, Weir et al 200, Guerraz et al 2000, Jahn et al 2002, Strupp et al 2003, Glasauer et al 2005, Büttner-Ennever 2006, Kapoula et Le 2006, Wang et al 2007, Legrand et al 2012…)

oculomotricité muscles des yeux

Déséquilibres oculomoteurs :

     Comme les autres muscles du corps, les muscles des yeux peuvent être tendus de manière asymétrique (voir Comment ça marche?), ce qui peut se manifester par des strabismes, mais aussi être beaucoup plus discret : il existe des “hétérophories”, c’est à dire des petites déviations des axes visuels qui ne sont repérables qu’en faisant systématiquement certains tests cliniques (voir Bilan postural) (Amos et Rustein 1987, Von Noorden 1996, Daum 1991, Wong et al 2002, Matheron 2007, Matheron et Kapoula 2008).
Or, la présence de tels déséquilibres de ces muscles peut avoir des conséquences posturales importantes sur l’ensemble du corps à moyen / long terme. (Amos et Rustein 1987, Scheiman et Wick 1994, Matheron et Kapoula 2011). L’oeil, étant, comme le pied, un des principaux capteurs qui permet de contrôler l’équilibre, ses dysfonctionnements peuvent engendrer des symptômes (douleurs…) au niveau local (maux de tête, douleurs cervicales), mais aussi à distance (Matheron et Kapoula 2011) (voir Comment ça marche? et A quoi ça sert?).

strabisme, hétérophorie

Traitement :

     L’oeil joue un rôle important dans le contrôle postural, mais il n’est qu’une partie d’un ensemble fonctionnel, le cerveau ayant besoin de comparer les informations des yeux à celles des autres capteurs pour pouvoir les interpréter correctement et en faire quelque chose d’utile (assurer l’équilibre) (Bles et De Jong 1994, Wallace et al 1996, Dallel 2011, Lazdunski 2005).
C’est pourquoi examiner uniquement l’oeil sans tenir compte du reste du corps (comme pour tous les autres capteurs) ne permet pas de comprendre l’organisation posturale du patient et ses dysfonctionnements. (voir Comment ça marche?). 

Si vous souffrez de symptômes de dérèglement postural (voir A quoi ça sert?), et qu’un thérapeute (médecin, ophtalmologiste, orthoptiste…) met en évidence un trouble oculomoteur et propose de la rééducation orthoptique, il est préférable de consulter un orthoptiste formé en posturologie. Celui ci devra normalement faire un vrai bilan postural complet, comprenant des tests debout faisant varier ces entrées sensorielles, et non centré uniquement sur l’oeil. (voir Bilan postural)


En cas de récidives de vos douleurs quelque temps après la rééducation, il est très probable que
le bilan n’ait pas été sufisamment complet et qu’une information parasite soit passée inaperçue

(voir Traitements posturaux et Par quoi on commence?).

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     Le problème de l’oeil est qu’il est situé à l’endroit le plus instable du corps, et qu’il nécessite, pour remplir correctement son rôle, que le reste du corps soit stabilisé correctement (Nashner et McCordo 1981, Nashner et McCollum 1985, Paulus et al 1989, Gilhodes et al 1996, Winter et al 1997).
La présence d’un déséquilibre oculomoteur ne signifie donc pas que l’origine du problème soit au niveau de l’oeil lui-même : il est possible que cela soit simplement dû à un problème de stabilité générale, qui dépend de dysfonctionnements d’autres capteurs… D’où l’importance des raisonnements systémiques (approches globales).

Je suis en train de démontrer, dans les différentes études de ma thèse, que les informations plantaires ont une influence directe sur le mouvement des yeux (articles à paraitre, voir Conférences et publications).

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Date de création de la page : 12/08/2013
Date de dernière modification : 12/08/2013

 

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